Moins de naissances, plus d’enjeux, quel avenir pour la Belgique ?
Les Belges ont de moins en moins d’enfants. Après son enquête sur l’évolution du nombre de naissances dans notre pays et sur la fécondité, les conclusions de Statbel sont claires. La natalité ne cesse de reculer ces dernières années. En 2024, la Belgique a enregistré 108.105 naissances, soit une diminution de 1,9 % par rapport à 2023. Ce recul place 2024 parmi les années les moins fécondes jamais observées dans notre pays. Depuis le début du suivi statistique, seules cinq années ont compté encore moins de naissances : 1916, 1917, 1918, 1941 et 1942 soit toutes des années en période de guerre.
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C’est bien tout le pays qui est concerné par cette diminution, avec cependant des intensités différentes. La Wallonie est la principale touchée par ce déclin avec – 3,9% de naissances sur son territoire pour – 1,1% à Bruxelles et – 0,9% en Flandre.
L’indice conjoncturel de fécondité représente le nombre d’enfants qu’une femme aurait au cours de sa vie féconde si elle connaissait à chaque âge la fécondité observée au cours de l’année considérée. Il est estimé pour 2024 à 1,44 enfant par femme, contre 1,47 en 2023 avec des écarts selon la nationalité. 1,33 pour les femmes de nationalité belge et 1,89 pour les femmes de nationalité étrangère.
L’enquête révèle également que les Belges deviennent parents de plus en plus tard. En 2024, l’âge moyen à la naissance du premier enfant s’établit à 31,4 ans pour les femmes et 34,3 ans pour les hommes.
Des conséquences économiques à long terme
Cette baisse de la natalité n’est pas sans impact sur l’économie belge. Selon Philippe Ledent, économiste chez ING Belgique, la situation démographique actuelle annonce des défis majeurs. « Plus de personnes quitteront bientôt le marché du travail qu’il n’en arrivera de nouvelles. Cela entraînera une hausse des dépenses liées aux pensions et aux soins de santé, des coûts qui continueront d’augmenter dans les années à venir. »
Cette évolution risque de peser lourdement sur les finances belges avec des dépenses déjà en forte croissance, selon l’économiste. Pour maintenir l’équilibre, l’enjeu principal sera d’augmenter le taux d’emploi et de mobiliser pleinement les ressources humaines disponibles afin de soutenir l’activité économique et les finances publiques.
Un impact déjà visible sur l’enseignement
La dénatalité commence à se faire sentir dans les écoles. Selon le Cerpe de l’UNamur, le nombre d’enseignants devrait diminuer dans les années à venir. En 2023, la Fédération Wallonie-Bruxelles comptait 116.324 équivalents temps plein, dont 100.672 dans l’enseignement obligatoire. D’ici 2029, ce chiffre pourrait tomber à 113.941 équivalents temps plein, avec une baisse surtout dans les jeunes sections. En maternelle on prévoit la disparition de 459 postes pour 1.765 postes en primaire. Le secondaire resterait stable temporairement et l’enseignement supérieur connaîtrait une légère hausse. Cette évolution reflète les projections de natalité. La population maternelle diminuera jusqu’en 2027, la primaire baissera de manière continue, et le secondaire augmentera légèrement avant de décroître après 2025.
La baisse de la natalité en Belgique, déjà perceptible dans les écoles et sur le marché du travail, rappelle que la démographie reste un enjeu central pour l’avenir du pays. Adapter les politiques publiques et anticiper ces changements sera essentiel pour relever les défis économiques et sociaux qui se profilent.